École Spéciale De Magie

Les temps sont sombres et l'avenir plus qu'incertains...Venez vivre la suite des aventures à cette école de magie
 
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 Malgré Tout: Le livre

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Asarius Grouge
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MessageSujet: Malgré Tout: Le livre   Mer 14 Déc - 13:33:48

Voilà mon livre est fini. Vous étiez rendu au troisème chapitre. Maintenant vous avez les 9 au complets. Revus, modifiés et corrigés. Certe même les logiciels les plus en demande pourront tous corrigé...Mais bon....

Pour sure vous regarderez ce texte en vous disant " Ah...trop long..."
Je vous invite tout de même à le lire, du début à la fin. J'ai changé quelques détailles....Je suis heureux de vous présenter, mon oeuvre...

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Asarius LePourfendeur
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MessageSujet: Re: Malgré Tout: Le livre   Mer 25 Jan - 22:22:05

Chapitre 1
L’ennemi

L’embouteillage s’étendait sur une distance incroyable. L’empressement qu’avaient eu les gens, pour quitter la ville, les avait conduits à leur propre perte. Le bouchon de circulation, empêchait désormais quiconque de quitter la ville rapidement et le temps jouait maintenant contre eux. La douillette vie que chacun d’entre eux avait, jusqu’à ce jour, mené, ne les avait en rien préparés à cet événement que, peu d’entre eux croyaient possible. Tous les soirs, ils voyaient aux nouvelles télévisées des choses, qu’ils croyaient être réservé, que, pour d’autres pays. Seulement tel ne fut pas le cas. La résultante, fut une horrible panique, qui prit aux tripes tous les habitants de ce pays nordique, qui n’avait connu aucune guerre sur son territoire depuis sa conquête. Le pourquoi du comment, était difficile à expliquer. Peu d’entre eux le savaient réellement et l’autre partie ne s’en préoccupait tout simplement pas. Pourtant, s’ils avaient su lire entre les lignes, ils auraient pu entrevoir, ce qui se préparait longtemps, bien avant sa réalisation.

Quant à lui, Charles avait vu cette réalité avant son avènement, seulement, comme tout le monde, il avait jugé cela impossible et l’avait ignoré. Il payait maintenant son manque de clairvoyance. Il faisait parti de ceux bloqués sur la route qui tentaient désespérément de trouver un abri quelconque. Voilà maintenant des heures qu’il s’était endormi. Il avait passé une nuit blanche, car, à l’annonce de l’imminente invasion de son territoire, ses parents l’avaient pressé à faire ses valises. Il se réveilla avec la sensation habituelle que ressentent les personnes n’ayant pas bien dormi. Il jeta un regard à l’extérieur. Cette journée ensoleillée et chaude, aurait été une journée parfaite, s’il n’eu été des circonstances actuelles.

Dans la fleur de l’âge avec ses 16 ans, et, s’apprêtant à finir son secondaire comme la majorité des personnes de son âge, Charles avait les cheveux blonds, et les yeux d’un bleu profond. N’étant pas conforme à la mode des pantalons longs, et des gros cotons ouatés de marque, il préférait le genre habillement sombre, ce qui allait de pair avec la musique qu’il écoutait. Cette année s’annonçait des plus normale, il pensait continuer ses cours de tir à la carabine, et toutes ses autres activités sportives. Le cours des événements s’est vite vu troublé étant donné la dégradation rapide des événements. Il était maintenant victime de sa propre ignorance et des divergences politiques d’autrui.



Il se trouvait désormais avec ses parents dans leur voiture, trop étroite à son goût. Bien qu’il n’était pas toujours du même avis que ces derniers, Charles les respectait énormément. Bien souvent ils lui donnaient de bons conseils dans la vie de tous les jours. Chose qui allait subitement changer. Son père, un ingénieur, était un grand fan de sécurité. À un point tel, qu’il avait caché des couteaux sous les sièges en cas d’urgence. Sa mère quant à elle était une femme au foyer. Chacun bien intentionné, ils mettaient quelques fois un peu trop d’attention sur leur enfant, à son grand déplaisir.

La petite voiture bleue se trouvait sur un pont. À sa droite, Charles pouvait apercevoir un barrage hydroélectrique avec sa centrale. Une énorme masse grise de béton armé qui rapportait au gouvernement plusieurs centaines de milliers de dollars. L’eau rejetée, et agitée de remous, passait sous le pont dans un tournoiement infernal, puis se jetait dans le fleuve se trouvant à la gauche. Loin devant et loin derrière se trouvait une file interminable de voitures espérant quitter la ville avant le début du conflit armé. Ils avaient le choix. À l’aéroport se trouvaient supposément des avions militaires prêts à évacuer la population. Les gens pouvaient aussi choisir l’option de la route, c'est-à-dire suivre le chemin asphalté pend prêt de huit heures avant de trouver une ville importante ou ils pourraient être à l’abri.

Ce qu’ils ignoraient tous, s’étaient qu’ils s’y étaient prient bien trop tard et que les envahisseurs étaient déjà là. Pour sûre personne n’en savait rien, ignorant quand et ou allait arriver les ennemis. C’est à cet instant qu’un sifflement strident se fit désormais entendre, annonciateur de tourments, mais sans que personne toutefois puisse en apercevoir la provenance. Charles désormais était écrasé contre la vitre, comme bon nombre d’autres spectateurs, tentant d’apercevoir quelque chose. Bien qu’il s’eu répéter maintes fois qu’en cas de confrontation il devait rester calme, le jeune homme sentit une poussée d’adrénaline couler dans ses veines à mesure que grandissait son anxiété. Il crut voir un point sombre au loin en direction du soleil. Seulement ce dernier dégageait une telle luminosité, qu’il était impossible de distinguer autre chose qu’un point noir. Un bruit semblable à une détonation de fusée le fit sursauter, puis un second bruit de détonation vint entamer l’assurance que Charles avait jusqu’à présent réussi à maintenir. Il savait, pour l’avoir vu et entendu de si nombreuses fois dans les films, que ce qu’il voyait a l’horizon ne laissaient présager rien de bon. Désormais décollé de la vitre il regarda aux alentours, pris de panique, comme toute la population.


La forme sombre venait de redresser, montant en chandelle vers le ciel et sortant du cercle éblouissant du soleil, Charles pu enfin apercevoir la silhouette distincte d’un avion à réaction militaire. Il aperçut aussi les deux points lumineux qui filaient droit vers l’endroit ou il se trouvait. Une tension dans son ventre le figeait sur place incapable de dire un mot, les cris apeurés de tout le monde sur le pont ne le dérangeaient aucunement. Quoi qu’il eu décidé de faire il était trop tard de toute manière. Il se convainquit que le meilleur abri qu’il pouvait avoir était sa minuscule voiture bleue…

Charles garda les yeux bien ouverts lorsque le premier des missiles frappa le pont. L’explosion produisit une lumière intense qui aveugla Charles au point de lui provoquer une profonde douleur dans la région frontale. Un énorme bruit difficile à décrire, mais facile à identifier précéda une multitude de débris brûlant et coupant. Les morceaux déchiquetés du pont perforèrent la voiture de partout. Charles hurla lorsqu’un gros morceau de tôle traversa le pare-brise et alla s’encastrer à moitié dans le siège et à moitié dans sa jambe. Le sang coulait de sa jambe à une vitesse alarmante, le liquide chaud dégoûtait sur le sol, mais il n’avait pas le temps de s’en préoccuper, car une vague de chaleur irradia son corps alors que d’autres débris continuaient à voler par-ci par-là éraflant ses bras, ça joue…L’onde de choc provoqua un roulis dans le pont et fit sautiller, de quelques centimètres, la voiture où il se trouvait. Il étouffa un autre cri lorsque sa jambe se déprit du morceau de tôle qui la retenait prisonnière. Instinctivement celui-ci alla porter sa main sur sa blessure pour empêcher le sang de couler trop abondamment. Il eut un haut-le-cœur lorsque la partie avant du pont où l’explosion avait eu lieu plongea vers l’eau déchaînée qui se trouvait plus bas. Le pont formait désormais avec l’eau et la paroi rocheuse un triangle presque parfait. Les voitures glissaient et roulaient vers le bas où elles percutaient les autres, avant de couler dans l’abîme turbulent de l’eau. Sa voiture de ne faisait pas exception, elle roulait vers le bas ou se tamponnaient les autres voitures. Le jeune homme se prépara à être écrasé par le gros véhicule tout terrain derrière lui lorsqu’un grincement sinistre annonça la rupture de la partie arrière du pont encore accroché à la paroi rocheuse. Le pont revint donc à un angle horizontal, mais désormais il coulait lui, ainsi que tout ce qui se trouvait dessus.

Charles toujours à moitié aveuglé cria presque lorsqu’il sentit l’eau glacée envahir la voiture par les multiples trous causés par l’explosion. Le soudain changement de température l’avait fait sursauter. Il se rendait désormais compte que la voiture coulait…Il tenta de détacher sa ceinture, mais n’y parvint pas, le mécanisme avait dû se bloquer. L’eau avait maintenant atteint sa blessure et il ressentit un apaisement soudain. L’eau froide engourdissait ses membres et il se sentait mieux ainsi. Il songea quelques instants à se laisser couler avec la voiture au fond de l’eau. Puis se souvint de ses amis, de sa famille. Il ne pouvait pas se laisser couler ainsi et il le savait. Il se rappela alors que son père avait caché des couteaux sous le siège au cas ou une chose pareille se produirait. Ayant désormais de l’eau par-dessus la tête il savait qu’il n’avait plus le luxe de prendre son temps. Il tâta sous le siège et agrippa le manche du couteau qu’il tira violemment de son étui. Avec l’aide de l’arme, il sectionna rapidement la ceinture qui le retenait prisonnier et put enfin se libérer du cercueil de métal qui coulait vers le fond. Il attendit quelques secondes, regardant la voiture qui sombrait dans le noir. Il réalisa que ses parents n’étaient pas encore sortis. Il voulait y retourner, mais il manquait d’air, ses poumons le brûlaient atrocement. Il tenta alors de remonter vers la surface.

Le deuxième missile frappa le barrage projetant d’énormes morceaux de bétons armés dans les aires et libérant l’énorme quantité d’eau qui se trouvait derrière. Dans un craquement sinistre, le reste du barrage céda à la pression des milliers de litres d’eau qu’il retenait. Charles qui était presque à la surface fut pris dans un violent torrent d’eau qui le faisait rouler sur lui-même dans tous les sens. Il ne savait pas s’il était tête en haut ou tête en bas, il était complètement désorienté. Ses poumons allaient exploser ça devait faire assez longtemps qu’il retenait sa respiration, trop longtemps, il avait l’impression de mourir. Ce qui n’allait pas tarder à être vraie et il le savait. Ses forces l’abandonnaient et il n’arrivait plus à battre des pieds. Il regrettait à ce moment précis de ne pas avoir fait et dit tout ce qu’il voulait dans sa vie, alors que ses yeux se voilaient et qu’il tombait inconscient.

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MessageSujet: Re: Malgré Tout: Le livre   Mer 25 Jan - 22:22:51

Chapitre 2
Espoir Perdu



Le soleil était à son plus haut et il régnait une étrange chaleur pour un début de mois de septembre. Un été indien voilà pourquoi il faisait si chaud alors que normalement il faisait frais…Charles toujours inconscient était étendu sur la plage. Les vagues venaient lécher ses pieds et un groupe de corbeaux semblait intéressé par le corps inerte qui gisait là. Charles tressauta lorsqu’il se réveilla. Il voyait trouble, il avait mal partout et il n’avait aucune idée d’où il était. Il eut un haut-le-cœur et vomit tout le contenu de son estomac, surtout de l’eau. Il respira un bon coup et sentit une sensation de brûlure atroce tout au long de son système respiratoire. Voyant leur repas reprendre le contrôle de son corps les corbeaux s’envolèrent en piaffant indigner. Charles voulut regarder l’endroit ou il se trouvait, mais l’eau salée de la mer lui brûlait les yeux et le soleil l’aveuglait. Il tenta alors de se lever, ses muscles ne lui répondirent pas à l'instant, mais il finit pas pourvoir s’appuyer sur les bras. IL sentit alors la douleur dans sa jambe gauche. Il se rappela alors les événements qui venaient d’arriver. Le déménagement, l’explosion…Sa jambe lacérée s’était arrêtée de saigner et commençait à se refermer. L’eau salée de la mer n’avait pas pu faire de tort.

Il s’appuya sur sa jambe valide et réussit à se relever. Charles souffrait de toutes les fibres de son corps, ses muscles étaient tous très tendus et il avait de la difficulté a se mouvoir sur ce qui lui paraissait être du sable. Ses yeux s’habituèrent à la luminosité et s’humectèrent pour laver le sel qui s’était agglutiné sur ceux-ci. Il voyait désormais où il se trouvait, une plage. La mer l’avait rejeté, il était toujours vivant. Il regarda vers la forêt qui s’étendait aux abords de la plage. Elle montait assez abruptement et avec une jambe dans son état il lui serait difficile et long de la monter. Il entreprit la longue ascension manquant de peu de tomber quelques fois. Il parvint en haut de la colline en ce qui lui avait semblé une éternité. Le soleil indiquait toujours l’après-midi. Il sortit du boisé et s’effondra sur la route à bout de force. Il releva les yeux et aperçut une lignée de voitures. Les gens s’étaient, pour la plupart, piégés eux-mêmes. Il n’y avait plus de places pour se retourner, car des centaines de voitures étaient collées par-choc à par-choc. Charles se releva avec peine et se dirigea vers une agglomération de gens. Il longeait la forêt, car il aurait été impossible de passer entre les voitures. D’autres personnes le bousculaient courant en sens inverse. Notre blessé remarqua le climat de panique qui l’environnait. Il marchait lentement ne sachant trop que faire, comme un zombi. Il arriva finalement à la hauteur des autres et se fraya un chemin à travers le mur d’adulte. Il n’eut pas de difficulté, car il était assez grand. Il remarqua alors qu’il se tenait sur le rebord d’une falaise. Plus bas se déchaînait une rivière dont le niveau d’eau était anormalement haut. Charles se tenait à l’endroit où aurait dû se trouver le pont. Au lieu de cela, le vide se dessinait devant lui. Sur la rive opposée, d’autres gens s’étaient accumulés. Il regarda en bas et vit qu’un petit bateau pneumatique et ses deux occupants tentaient de traverser les eaux en furie. Pour la première fois depuis des heurs il parla.

-Qu’est-ce qu’ils essaient de faire? S’enquit-il?

-Ils essaient de faire traverser un câble avec lequel nous pourrons faire la navette entre les deux rives. Lui répondit un homme assez grand, dans la trentaine.


Charles regarda les deux hommes qui tentaient de mener leur embarcation vers la rive opposée. Il savait que c’était le seul pont pour traverser la rivière dans un rayon d’une centaine de kilomètres. Il reposait maintenant au fond du fleuve. L’embarcation arrivait à la moitié de sa traversée. Les hommes étaient malmenés et l’embarcation manquait chavirer. Tout le monde retenait sa respiration, de l’autre côté se trouvait un aéroport. À ce dernier se trouvaient des avions militaires qui attendaient les réfugiés. Charles se demandait si les militaires s’y trouvaient toujours ou
S’ils étaient partis lors de l’attaque des avions ennemis. Perdus en songes il ne remarqua pas tout de suite que des débris accompagnaient le cours d’eau. Un tronc de sapins happa l’embarcation de caoutchouc et l’emporta avec le courant. Les deux hommes ne remontèrent jamais à la surface.

Soudain ça le frappa en plein visage. Charles avait perdu ses parents. Ils ne s’étaient jamais sortis de la voiture. Ils étaient morts…Il sentit la force le quitter et il s’effondra sur le sol. L’homme à côté de lui se retourna.

-Qu’est ce qu’il y a?!?!

-J’y étais…Sur ce pont…Mes parents…Charles ne pu terminer sa phrase, les mots restèrent prient dans sa gorge.

L’homme prit Charles par les épaules et le releva avec une expression bienveillante sur le visage.

-Au moins toi tu es vivant et je suis sûr que tes parents sont heureux pour toi, alors ne te laisse pas abattre.

Il fut content de voir que ce que l’homme lui avait dit avait eu un effet positif sur son être. Il refoula ses émotions et afficha une sorte de sourire pour dire qu’il avait compris. L’homme se retourna vers l’affluent déchaîné et soupira. Charles vit alors au loin un appareil militaire, un gros porteur s’élever dans le ciel. Ainsi même s’ils avaient pu traverser ils n’auraient jamais pu se rendre à l’aéroport en temps.

Un sifflement strident réveilla un mauvais souvenir dans la tête de Charles. Un avion à réaction, le même probablement que celui qui avait détruit le pont. Il était parfaitement visible au loin derrière eux, il longeait la plage et lança deux missiles qui passèrent au-dessus de lui dans un bruit épouvantable. L’avion déboîta ensuite vers la mer. Le jeune homme ne put qu’assister à l’horrible spectacle qui se déroulait devant lui. L’avion porteur tentait désespérément de prendre de l’altitude et lâcha des fusées contre-mesures. Il était toutefois trop tard et le premier engin explosif frappa l’aile droite, l’arrachant littéralement. L’avion qui pointait vers les nuages d’écrivit un arc et pointait désormais vers le sol, sans son aile droite l’avion parti dans une vrille qui arracha l’aile gauche qui intercepta le deuxième missile qui explosa en plein ciel loin derrière. Le corps de l’avion s’écrasa dans une colline recouverte de sapins. Un grondement sourd résonna jusqu’à eux. Tout le monde avait arrêté ce qu’ils faisaient, comme figé par l’effroi du moment. Puis la panique gagna plusieurs d’entre eux qui s’élancèrent à la course en sens inverse. De la colline s’élevait désormais un panache de fumée noire comme de l’encre.


L’homme à côté de lui secoua la tête.

-C’est horrible… dit-il. Je crois que nous ferions mieux d’aller à quelques parts d’autres pour la nuit. C’est quoi ton nom? Moi c’est Alexandre.

-Moi, c’est Charles.

-Très biens, alors Charles je te propose de venir chez moi cette nuit et nous verrons demain ce que nous pouvons faire…

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MessageSujet: Re: Malgré Tout: Le livre   Mer 25 Jan - 22:24:44

Chapitre 3
Alexandre



Malgré toutes les choses concernant les inconnus que ses parents lui avaient un jour dit, Charles, ébranler par la situation avait accepté de suivre l’homme dénommé Alexandre. De toute manière, il ne savait pas que faire d’autre. C’est parents étaient selon toutes vraisemblances mortes il était en état de choc, il tremblait et était complètement dérouté. Sans aide il finirait sur le bord du trottoir à la tombée de la nuit, il le savait. Pour cette raison il suivait cet homme dont il ignorait tout. Il était exténué et avait de la difficulté à marcher. Il n’aurait su dire où ils se dirigeaient, car peu à peu sa vision se troublait. Autour de lui des gens affolés couraient dans tous les sens, telles des brebis apeurées. Soudain Charles sentit ses pieds passés au travers du sol. Tout son être tremblait et la lumière disparaissait. Il perdit conscience et s’affaissa sur le sol. Il se réveilla douloureusement. Tout son corps l’élançait toujours, sa jambe le torturait de plus en plus, mais à tout cela c’était rajouté une douleur au front. Il passa sa main et découvrit une vilaine bosse. Que c’était-il passé? Il se remémora la chute, il s’était évanoui…Il se rendit alors compte qu’il était dévêtu et dans un lit chaud et confortable.

-Où suis-je…?


Il avait eu du mal à articuler correctement la phrase, sa bouche pâteuse ne lui avait pas aidé. Ne s’attendant pas à être répondu, croyant être seul il fut surpris lorsque l’on lui répondit. D’autant plus que ce n’était pas le dénommer Alexandre…

Tu es chez moi, tu dors depuis plus de vingt heures et c’est mon père qui t’a ramené.


Charles écarquilla les yeux, à son chevet se trouvait une jeune fille d’à peu près le même âge que lui. Ses cheveux noirs tombaient en cascade sur ses épaules puis dans son dos. Elle le fixait de ses yeux vert émeraude, avec un sourire bienveillant. Les traits délicats de son visage lui donnaient un air assez gentille. Il resta silencieux quelques secondes incapables de prononcer quoique se soit. La situation dans laquelle il était, le jeune homme ne s’y attendait aucunement. Après ce qu’il venait de vivre, de se retrouver devant une si jolie fille le mettait à l’envers. Au bout d'un certain temps, il parvint à articuler une phrase.

-Dis donc j’ai fait la grâce mâtinée alors…Ou c’est que je suis mort et que vous êtes un ange….

La fille esquissa un sourire ravi avant de laisser échapper un rire doux et passif. Elle reprit alors avec un ton presque moqueur :

-Que c’est charmant!

-Quel est ton nom, si je puis me le permettre? Demanda t’il.

-Que de politesse! Elle rit avant de reprendre. Mon nom est Alice, je suis la fille d’Alexandre. Nous avons soigné tes blessures le mieux que nous pouvions.

Charles passa la main sur ses blessures, et remarqua qu’un bandage recouvrait effectivement toutes ses plaies. Il essaya de se relever, mais laissa échapper un gémissement lourd. Alice posa une main douce, mais ferme sur son abdomen et le repoussa gentiment sur le lit. Elle lui fit un clin d’œil avant de lui conseiller de rester tranquille et elle disparut par la porte, laissant le jeune homme seul avec ses pensées. Il devait prendre le temps d’assimiler les événements des dernières soixante-douze heures.

Tout s’était passé si vite, la dégradation de l’entente politique, des incidents mineurs à la frontière, la mésentente des deux pays, puis la menace d’un conflit. En dernier lieu l’annonce de prises d’actions pour la défense nationale. La crise politique, l’état sur le pied de guerre. Comme une deuxième guerre froide. Puis l’éclatement du conflit. L’annonce de l’imminente invasion, les valises, le pont et puis la mort…Tout s’était passé si vite. Charles devait digérer tout ça. Ses parents n’étaient plus, il avait été recueilli par une famille inconnue. Ses émotions refoulées refirent surface, étant incapables de les retenir plus longtemps. Elles ne sortirent pas en larmes ni en pleurs, mais en violence. Il se mit à frapper le lit de plus en plus violemment jusqu’à ce qu’il n’est plus la force de le faire. La colère et la tristesse s’estompèrent, laissant le jeune homme dans une cruelle absence de toutes émotions.


Alice réapparut avec son père, Alexandre, le faisant revenir à la réalité. Ils n’avaient rien vu ni entendu du déchaînement émotionnel qui avait assailli leur invité. Leur apparition redonna du courage à Charles qui recommençait à reprendre un rythme de respiration presque normal.

-Te sens-tu prêt à te lever? Demanda Alexandre…

Cette proposition dérouta Charles à qui Alice avait demandé de se reposer, mais n’étant pas du genre à rester sur place à ne rien faire, il acquiesça. Se relevant avec difficulté, son corps toujours endolorit. Alexandre lui tendit de nouveaux vêtements. Le jeune homme se vêtit et se leva du lit. Il vacilla sous une jambe molle et douloureuse. Alice agrippa son bras l’empêchant de faire une chute douloureuse. Il la remercia de son plus beau sourire. Lorsqu’il se sentit prêt, il fit quelque pas, la jeune fille lâcha prise et il continua seul. Voyant qu’il reprenait de l’assurance le père de la demoiselle proposa à son invité de se rendre à la cuisine pour prendre un bon repas. Ce dernier accepta volontiers et suivis l’homme jusque dans une pièce finie bois, avec une petite table ronde en son milieu. La présence d’aliments sur la table lui indiqua qu’il se trouvait dans la cuisine. Charles jeta un coup d’œil circulaire. Il se trouvait dans une maison de vielle architecture, finition bois partout. Il s’attabla et attendit qu’on lui indique son assiette. Il attendit qu’Alexandre commence avant de prendre la première bouchée signe de respect. Il mangea avec avidité pour pallier aux nombreuses heures passées le ventre vide.



Une fois que son invité eu terminé, Alexandre lui exposa la situation avec un air sombre.

-Nous avons eu des nouvelles, il y a quelques heures, selon laquelle l’ennemi aurait débarquée ses troupes sur la côte plus à l’est. Les avions qui ont attaqué le pont étaient probablement des éclaireurs. Ils nous ont coupé les meilleurs moyens de nous échapper. Un homme qui venait du nord m’a dit que là-bas aussi les ponts avaient été détruits, les centrales électriques aussi d’ailleurs. D’où les débris qui empêchent de traverser cette maudite rivière… D’après ce que je peux en dire, il ne reste plus beaucoup de moyens de nous en aller, et ils seront sur place d’ici peu…

Charles réfléchit aux implications d’une telle situation. Il en vint à la conclusion qu’ils devaient trouver un moyen de franchirent le cours d’eau sinon ils seraient encore ici lorsque l’ennemi arriverait, et dieu seul sait ce qu’il ferait subirent au peuple.

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MessageSujet: Re: Malgré Tout: Le livre   Mer 25 Jan - 22:25:45

Chapitre 4
Pris au piège


Contrairement à ce qu’il avait vu avant de s’évanouir, les rues étaient désormais désertes. Plus personne ne s’y aventurait. Le soleil n’était plus aussi plombant. L’atmosphère était au point mort. Les sombres nuages roulaient dans le ciel, la légère brise aggravait le silence. Tout avait une atmosphère de cimetière, comme si tout le monde s’était résigné à la mort. Les voitures abandonnées gisaient toujours au milieu de la rue.

Charles, Alexandre et Alice marchaient sur l’accotement de la route. Il leur aurait été impossible de prendre la voiture du père de la jeune fille pour se rendre à leur destination. Les routes étant bouchées sur des kilomètres. Leur destination était la marina qui se trouvait de l’autre côté de la ville.

La ville était somme toute assez grande, étendue sur une longue distance, bien que moyennement peuplé. Un peu plus d’une trentaine de milliers d’habitants. Le plus gros immeuble ayant cinq étages ce n’était donc pas une métropole. La position géographique faisait de cette communauté un endroit ou il faisait au plus chaud trente l’été et au plus froid moins quarante l’hiver. La neige y tombait avidement et les habitants devaient faire avec. Mais à cette période de l’année où les feuilles jaunissaient le mercure jouait entre tiède et froid. Pour le moment Charles classait la température dans la catégorie froide, proche du zéro. Ils avaient d’ailleurs, eux, Alexandre et Alice prit la peine de mettre des manteaux d’hiver qui les tiendrait au chaud.

Pendant qu’ils marchaient, personne ne disait rien, comme si chacun d’eux réfléchissait à la situation et qu’ils n’arrivaient pas à tout assimiler. Notre jeune homme ne comprenait pas pourquoi il y avait cette guerre. Guerre dans laquelle ils s’étaient tous vus précipités sans le vouloir. Le pourquoi du comment lui échappait. Il savait seulement qu’il se trouvait dans cette situation à cause de divergences de personnes de haut rang. Il savait aussi que par tous les moyens ils devaient trouver le moyen de gagner les métropoles. Ces dernières seraient plus défendues que leur petite ville éloignée.

Par chance, la blessure que Charles avait à la jambe, bien que douloureuse, guérissait rapidement et lui permettait de marcher en boitant. Après quelques heures de marche silencieuse, ils arrivèrent à la marina. Du moins ce qu’il en restait, là aussi la désolation avait passé. La digue ainsi que la marina n’était plus. Seuls quelques débris fumants restaient.

Alexandre s’avança vers le quai, là où normalement les bateaux qui ont un tirant d’eau plus élevé accostaient. Charles et Alice le suivirent. Le spectacle qui les attendait était horrifiant. Le bout du quai avait été détruit, probablement par un missile comme sur le pont. Des centaines de corps inertes flottaient au-dessus de l’eau, dont certain déjà entamé par les oiseaux charognards. La puanteur monta au nez des spectateurs qui eurent un mouvement de recul à l’odeur âcre de la mort et de la chaire en décomposition. Une odeur qui reste imprégnée dans les vêtements, dans les objets, dans la mémoire. Jamais ceux qui ont senti une telle odeur ne l’ont oublié. Charles eut presque un haut-le-cœur, mais réussit à le réprimer. Faisant fait de ses appréhensions il se rapprocha, de nouveau du bord détruit du quai. L’odeur l’assaillit de nouveau, mais il risqua tout de même un rapide coup d’œil. Au travers de l’eau souillée, il distinguait très bien les courbes du navire qui reposait désormais au fond du fleuve.

Se retournant il vit qu’Alice, qu avait rapidement détourné les yeux horrifiés par le macabre spectacle, semblait profondément troublée. Le jeune homme bien qu’il ne la connaissait pas encore beaucoup, se permit de l’étreindre en lui frictionnant le dos. Geste qu’elle ne refusa pas, au contraire elle resserra l’étreinte et enfouit son visage dans le creux de son cou et commença à sangloter. Loin de s’attendre à ça, il fut assez dérouté par la réaction de la jeune femme. Chose encore plus déroutante, bien qu’il n’aimait pas la voirie ainsi en proie à la tristesse, il apprécia ce moment ou elle était collé contre lui, d’innombrables frissons parcourant sa colonne vertébrale. Ne sachant plus vraiment quoi faire il continua à lui caresser le dos. Alexandre qui assistait à la scène laissa sa fille extérioriser ses émotions. Alice releva la tête, dévoilant d’yeux noyés de larmes, tout en sanglotant elle demanda :

- Qu’allons…nous faire…maintenant?


Ne sachant aucunement quoi répondre, Charles leva des yeux implorants vers Alexandre. Il ne savait pas lui-même comment ils allaient se sortirent de leur situation. La plupart des issues étaient bloquées, plus de pont, plus de marina, les routes principales impraticables. Il leur faudrait probablement faire le trajet à pied vers le nord. Ils pourraient alors, avec chance atteindre un endroit ou traverser en quelques jours cependant les nouvelles disait que l’ennemi était proche. Le père avait dû en venir à la même conclusion, car il reprit avec assurance :

- Nous allons retourner chez nous, pour nous reposer et ensuite on essaiera de passer par le nord…

Ce fut presque instantané, Alice relâcha son étreinte, rassurée. Charles lui sourit aimablement alors qu’elle bredouillait quelques excuses pour justifier sa perte de contrôle. Il la rassura en disant que ces choses arrivaient sans prévenir et que tout le monde pouvait en être victime. Lui-même commençait à désespérer de trouver un moyen de s’échapper. Depuis le pont, il était quelqu’un d’autre, moins sociable, plus renfermé. Malgré toutes les horreurs donc il était victime, le jeune homme se refusait à se laisser abattre, il devait, pour le moment du moins, rester saint d’esprit, ne serait ce pour Alice qui comptait beaucoup sur lui et son père pour la soutenir. De plus, il se rendit compte, d’après ce qu’il avait ressenti il y avait quelques minutes, qu’elle ne lui était pas indifférente. Il en fut encore plus troublé que pendant ces quelques secondes il en avait oublié la mort de ses parents…

En se remémorant ce souvenir douloureux, Charles fut à son tour pris de tristesse. Il n’avait pas encore fait le deuil de ses parents. Il pensa alors à ses amis dont ils n’avaient plus entendu parler depuis des jours. Étaien-tils en sécurité, étaient-ils mort? Il n’en savait strictement rien. Encore plus affligé, son regard se perdit sur les collines dont la végétation entamait sa coloration. L’automne arrivait à grands pas…Triste fatalité de la vie que sa saison préférée soit synonyme de tant de souffrances. Se rappelant à l’ordre il se devait de rester droit, en enfouissant ses émotions au plus profond de son être. Affichant un sourire plus forcé que sincère, mais qui rassura la jeune femme et son père qui avait remarqué son égard de quelques secondes.

C’est ainsi qu’ils rebroussèrent chemin, marchant dans les rues de la ville pratiquement toutes désertes, évitant la route principale bouchée de voiture. Spectacle désolant, telle une ville fantôme qui aurait perdu son âme. Les voitures dont les portières étaient toujours ouvertes, abandonnées là en plein milieu d’une marée d’amas de métal semblables.

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MessageSujet: Re: Malgré Tout: Le livre   Mer 25 Jan - 22:26:39

Chapitre 5
Réveil Brutal

Les vitres volèrent en éclats.

Après être revenu de la marina, où ils avaient tant espéré trouver un moyen de quitter la ville avant l’arriver des ennemis, ils s’étaient tous couchés pour se reposer avant d’entamer un long périple vers le nord de leur région, espérant ainsi trouver un endroit où ils pourraient traverser la rivière et gagner la relative sécurité qu’offrait la rive opposée. Charles qui avait vécu, comme tous, des moments difficiles, se laissa vite gagner par la fatigue. Après un bon repas qu’il avait avidement englouti, il était parti se coucher au même titre qu’Alexandre et Alice, lui aussi éprouvé par les événements. Ils s’étaient tous endormis dans la quiétude, sûre, que dès le lendemain ils fuiraient cet endroit maudit. Peut-être n’auraient-ils pas dormi aussi rassurés s’ils avaient su qu’au même moment s’avançait l’armée des envahisseurs.

Les vitres volèrent en éclat alors qu’un obus s’écrasait sur la maison voisine. Réveillé en sursaut par le bruit et les éclats de vitres qui avaient légèrement entaillé son visage à découvert, Charles se redressa rapidement et se rendit compte qu’une sirène hurlait à tout rompre. Par le trou où se trouvait l’ancienne fenêtre, il put constater que la ville et ses milliers d’habitants s’étaient sortis de leur torpeur. Plus loin à l’est de la ville on entendait de temps à autre des crépitements qui singularisaient l’utilisation de fusil automatique. Le jeune homme ne perdit pas de temps, enfila ses vêtements, et quitta sa chambre en faisant bien attention de ne pas marcher sur la vitre brisée qui recouvrait le sol et qui pourrait cruellement lui entailler le pied s’il avait la maladresse de marcher dessus.

Il arriva dans la salle à manger, ou Alexandre s’affairait déjà à rassembler le nécessaire pour quitter la ville au plus tôt. Il n’y avait plus une seconde à perdre, l’assaut avait été donné sur la ville. Quoi qu'il en soit, il fallait se dépêcher de plier bagage. Charles se surprit lui-même à garder son calme, contrairement à la foule qui hurlait dehors en courants dans tous les sens. Alice sortit en trombe de sa chambre, le temps pressait désormais et elle le savait aussi bien que tout le monde. Ensembles ils rassemblèrent les divers objets et produits nécessaires à un long voyage. Une fois tous trois croulants sous les sacs, ils se dirigèrent vers la sortie, ou ils constatèrent qu’il était trop tard…


En effet, à l’autre bout de la rue un contingent de soldats ainsi qu’en gros camion kaki s’avançait. Les soldats hurlaient de multiples ordres dans leur langue. Tous ceux qui couraient restèrent figés par l’effroi du moment ou tous et chacun réalisaient qu’il était trop tard pour fuir. Certains levèrent les mains en signe de soumission, d’autres partirent à la course. Charles réalisa que nous ne découvrons la vraie nature de l’homme que lorsqu’il est confronté au pire. C’est dans ces moments que l’on distingue les survivants des soumis. Fort malheureusement, c’est les survivants, ceux qui partirent à la course, qui moururent les premiers. Alors que les soldats ennemis, paraissant dépourvus de toute pitié ou de compassion, les mitraillaient dans le dos. Alexandre obligea les deux adolescents à reculer.

Il ferma la porte et laissa tomber son sac. Il semblait en état de transe profonde. Charles ne le laissa pas s’enliser dans ses pensées et le ramena sur terre.

-Alors que fait-on? Demanda t-il?

Cette phrase eut l’effet recherché. L’adulte refit surface. Il expliqua au jeune homme qu’une cave à vin se trouvait au sous-sol. Le seul moyen d’y accéder était une trappe dans le plancher situé dans le salon sous un tapis. Émerveillé que cette maison recèle un tel endroit, Charles, fut pris d’un regain de confiance en la possibilité de survivre. Alexandre se précipita dans le salon ou il leva un tapis et tous purent apercevoir la trappe. Il empoigna la poignée et leva la trappe. S’en se faire prier, Charles s’y précipita, une fois des les étroites marches qui menaient au sol, il se retourna et prit la main d’Alice pour l’aider à descendre. Son père fut le dernier à descendre après avoir pris soin de replacer le tapis pour qu’il recouvre la trappe une fois celle-ci fermé.

Tous trois se retrouvèrent dans le noir le plus total. Il n’était certainement pas question d’allumer quelconque lumière, ce qui aurait pu compromettre leur chance de passer inaperçus. Charles se rendit compte qu’il tenait toujours la main d’Alice, cette dernière s’était étrangement rapprochée qui plus est. Comme son père, elle devait être anxieuse, le jeune homme quant à lui se trouvait au-delà de l’anxiété. Après tout ce qu’il avait vu et vécu, il était devenu un être plus froid. Il se détachait désormais de la mort. Il se trouvait monstrueux de n’éprouver aucune sensation pour les pauvres gens qui venaient de mourir devant lui, pourtant il était sûr qu’il avait raison d’agir ainsi. Ce détachement lui permettait de garder le sang froid dans cette situation. La jeune femme quant à elle se laissait gagner par l’émotion et son psychologique s’effondrait dès que la situation devenait parieuse. L’adulte quant à lui était quelque part entre les deux extrémités.

Pourtant, une seule chose réussissait à passer au travers du mur de glace qu’était devenu l’être nommer Charles. Une seule émotion, un seul sentiment. Plus il s’analysait lui-même plus, il savait qu’il ne pouvait plus échapper à l’évidence même. Dans ce trou ou tout était noir, Alice s’était réfugiée dans les bras du jeune homme, il était conscient que la présence de la jeune femme si près de lui ne lui était pas indifférente. Il trouva déstabilisant qu’il se surprenne à tomber amoureux dans de pareilles circonstances et de penser a elle alors qu’autour d’eux tout volait en flammes et en débris et que leur monde s’effondrait.

À l’étage supérieur, on entendit un martèlement de coups sur la porte. Puis elle fut enfoncée et ce fut un long silence. Charles retint sa respiration, quand il entendit des pas par la suite. Quelqu'un était dans la maison. Le quelqu’un en question se trouvait désormais dans la cuisine. Une deuxième personne lui adressa la parole en une langue étrangère, elle se trouvait dans le vestibule. Ils échangèrent quelques phrases ainsi puis celui qui se trouvait dans la salle à manger rebroussa chemin en riant aux éclats. Qu’importe ce qu’ils s’étaient dit, cela devait être amusant pour rire ainsi. Tout comme le jeune homme, les soldats s’étaient détachés de la mort, au point de pouvoir rire entre eux, alors qu’ils venaient de fusiller une dizaine d’innocents pour aucune raison valable.

Alors que l’intrus rebroussait chemin ,et que naissait en chacune des trois personnes au sous-sol un semblent de soulagement, un son sourd se fit entendre. Dans le noir Alice venait d’accrocher un objet qui était tombé sur le sol. Elle resserra son étreinte sur Charles et arrêta de respirer, comme si en faisant cela elle pouvait réparer son erreur. Les pas s’arrêtèrent quelques instants, et l’intrus parla à son camarade. Se fiant au son, tous purent suivre le déplacement des intrus, alors que ceux-ci arrivaient dans le salon au dessus d’eux. Un liquide chaud se mit à dégoûter dans le cou de Charles. Alice s’était mise à sangloter, silencieusement heureusement. Les soldats échangèrent de nouveau quelques paroles, puis on les entendit fouiller la pièce. Chacun des occupants de la cave à vin espérait silencieusement qu’ils seraient trop pressés pour fouiller trop minutieusement la salle. Hors tel ne fut pas le cas, car les intrus commencèrent à bouger les meubles. À cet instant les trois réfugiés surent qu’ils étaient condamnés, avant même que le tapis soit tassé et que les intrus se mettent à gueuler comme des fous furieux.

La trappe s’ouvrit, éblouissant les trois occupants qui s’étaient habitués à la noirceur. L’un des intrus s’avança dans la cave vers la « famille ». Instinctivement Charles avança d’un pas et se mit entre le soldat et Alice. Il entendait le soldat hurlé contre lui, mais n’en fit rien. C’est alors qu’il reçut la crosse de l’arme de l’intrus en pleine figure. Sous le choc., ayant l’impression que sa tête était soudainement prise dans un étau, le jeune homme tomba à la renverse, s’écrasant durement sur le sol. Tout devint flou, sa vision, son ouïe sa perception. Il entendit Alice pousser un cri d’effroi alors qu’il tentait d’apercevoir ce qui se passait. Le choc de l’arme l’avait sonné horriblement, et le jeune homme n’arrivait plus à reprendre le dessus. La migraine dont il était victime le clouait sur le sol, incapable de dire ou de faire quoique ce soit. Lorsque Alice cria de nouveau, Charles eut la force nécessaire pour se lever, ce qu’il fit. Mais il avait de la difficulté à voir le sang qui coulait d’une plaie frontale occultant sa vision d’un œil. Tous se passaient dans la confusion, les sons et les images se dilataient à sa perception. Il sentit quelqu’un lui prendre le bras et lui remonter dans le dos de façon à provoquer une immense douleur. L’inconnu le poussa à avancer, en direction des cris indignés d’Alexandre et de sa fille.

Endolori, il n’eut d’autre choix que d’obtempérer. Sans qu’il se rendre vraiment compte Charles avait été mené, lui, ainsi que sa famille adoptive, dans un camion militaire. Normalement conçu pour le transport de troupes, il avait été converti de sorte à « récolter » les habitants de la ville. Toujours en proie à la confusion et à l’incapacité de voir et d’entendre correctement, ne sachant pas vraiment dans quel sens ils roulaient, l’adolescent se laissa sombrer dans un sommeil profond.

Il se réveilla une dizaine de minutes plus tard ne sachant plus trop ce qui s’était réellement passé. Il sentit la douce caresse d’une fille intentionnée sur son visage. Charles ouvrit les yeux, sa vision était revenue pratiquement à la normale, il n’était plus aussi confus. Il vit qu’Alice se tenait à ses côtés la mine triste et heureuse à la fois. Triste de la situation, heureuse que le jeune homme soit revenu de son sommeil. C’était elle qui, de sa main droite, soignait la blessure au-dessus de son œil.

-Dit donc, tu nous as fait peur en tombant ainsi dans un genre de coma…

Elle continua son œuvre bienfaisante, mais toucha un point sensible. Charles laissa échapper une plainte sourde, aussitôt Alice recula sa main. Mais le jeune homme emprisonna celle-ci dans les siennes et alla la reporter sur son visage.

-Continu…Je t’en pris…

Elle parut surprise, mais eut un petit sourire et continua de laver sa blessure. Charles regarda autour de lui, remarquant la mine affligée des occupants. Il jeta ensuite un coup d’œil par la bâche à l’arrière du camion. Il remarqua qu’ils n’étaient plus dans la ville elle-même, mais, un peu en retrait de cette dernière sur une colline la surplombant. On pouvait apercevoir des colonnes de fumée s’élever dans le ciel. Il songea quelques instants à sauter par l’arrière du camion. Pourtant, depuis le temps quelqu’un aurait dû y penser, c’est alors qu’il remarqua la présence d’un soldat dans le fourgon. Jamais il ne pourrait passer sans se faire fusiller. Le maigre regain d’espoir qu’il avait eu se dissipa en une éclaire. Il fallait se rendre à l’évidence, ils étaient condamnés, cette pensée fut ponctuée d’un tressaillement du poids lourd sur la chaussée bosselé. Charles remarqua, à la suite d’une embardée, que le camion les entraînait désormais sur une route de sable. Il ne savait que penser de cette situation. Plus le camion se rapprochait de sa destination finale, plus ses occupants devenaient tendus. Alice avait cessé de nettoyer la plaie du jeune homme et Alexandre avait la jambe gauche prise de tremblotement.

Les occupants purent alors distinguer une grille qui se refermait derrière le camion qui venait de passer devant une petite cabane de bois. Un crissement strident des freins rouillés du camion, avertit les condamnés qu’ils étaient à destination. Le soldat se leva et descendit, il fit alors signe aux occupants terrifiés de sortirent à leur tour. Lorsque ce fut le tour à Charles il descendit avec difficulté, une fois à l’extérieur il put contempler la merveille humaine dans toute sa splendeur…

Il se trouvait dans une cage, un camp ou les habitations étaient minuscules et laides. Elles avaient été construites dans la hâte et nombre d’entres elle étaient parsemé de trous. Cet endroit était non sans rappeler à Charles les camps de concentrations de la seconde Guerre mondiale. Assistait-on à l’avènement du nazisme une seconde fois? Des soldats se trouvaient un peu partout patrouillant à leur gré ou au sommet d’une petite tour de bois.

On le poussa lui et les autres occupants du camion dans une des horreurs dignes d’un poulailler et on ferma la porte à clé une fois tous à l’intérieur…

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MessageSujet: Re: Malgré Tout: Le livre   Mer 25 Jan - 22:27:43

Chapitre 6
L’évasion

Exténués, blessés, blasés, Charles ainsi que sa famille d’accueil se trouvaient dans le camp depuis près de deux mois. L’hiver s’annonçait en ce début novembre. La température oscillait sous le seuil du zéro. Le froid et le travail forcé eurent tôt fait de briser le moral de tout et chacun. Alice n’était plus la jeune femme belle, douce et enjouée, Alexandre n’était plus l’homme décidé qu’il eu été autrefois. Charles lui s’était renfermé de plus en plus en lui-même et ne croyait plus à la vie. Cette situation qui allait à l’encontre de toutes les conventions de Genève n’en demeurait pas moins présente. Que faisaient donc les autres pays pour venir en aide au peuple? La nuit on pouvait entendre et quelques fois voir à l’horizon une bataille dont ils étaient tous spectateurs muets. D’après ce qu’ils pouvaient tous en juger, la ligne de front était la rivière qu’ils n’avaient jamais pu traverser.

En ce jour plus que tout autre régnait une atmosphère étrange. Pour la première fois depuis nombre de jours, les « habitants » de la « maison » numéro trente-huit, sentaient que les choses pouvaient désormais changer. L’atmosphère était fébrile et tendue à la fois. En cette nuit éclairée de la pleine lune et agrémentée d’une douce première neige, les occupants de cette cabane délabrés allaient bientôt tenter une évasion. Depuis le temps, depuis leur rencontre dans le camion militaire, ils avaient appris à se connaître. Charles et Alice étaient de plus en plus proches l’un de l’autre, lorsqu’ils étaient ensembles s’était le seul moment où ils laissaient tombé leurs masques d’indifférences. Amayelle, une fille de seize ans, aux longs cheveux bruns, aux yeux verts et d’une jovialité exemplaire s’était jointe à eux. Elle était celle qui leur donnait espoir à chaque moment de leur captivité. Elle était celle qui tenait tous les occupants de là « trente-huit » soudés les uns aux autres. Un jeune homme de vingt et un ans du nom de Félix, s’était lui aussi porté à leur rencontre. Les cheveux châtain courts, les yeux bruns, les traits durs, il était celui qui bien qu’il ne fut pas aussi extériorisé qu’Amayelle, apportait toujours sa petite contribution, qui faisait que tout avait un sens. Ensemble les quatre jeunes gens formaient le noyau de la petite communauté de la « trente-huit ». C’était ainsi que l’on nommait l’endroit où ils vivaient. Il y avait en plus d’eux six adultes. Alexandre, les parents d’Amayelle, Pierre et Josée, un couple dans la soixantaine, Hubert et Claudine et un solitaire aux cheveux noirs du nom de Kevin. Ils étaient donc, dix en tout. L’homme du nom de Kevin était celui qui était le moins soudé à la communauté. Il était celui qui se plaignait le plus d’ailleurs. Comme tout et chacun il n’appréciait pas leur situation et le fait qu’il devait travailler toute la journée à faire de l’excavation pour rien, mais pourtant tous les autres avaient appris à vivre avec et à espérer. Tous sauf Charles, dont Alice était sa seul raison de vire.

En cette nuit de douce neige et de température proche du zéro, tous ensemble ils allaient tenter de fuir et d’échapper à cette chose qu’était devenu la vie. À l’aide d’efforts coordonnés et d’un soldat qui voulait des souvenirs, ils réussirent à acquirent les outils nécessaires à leur évasion.

La tension atteignit son point culminant alors que sonnait minuit et, que par la même occasion sonnait la relève des soldats de garde. Profitant de ces quelques minutes bruyantes et où les gardes n’étaient pas tout à fait encore alertes, la petite troupe mit son plan à exécution. Dans les nuits précédentes, ils avaient creusé le sol, puisqu’il n’Y avait même pas de plancher dans leur demeure. Ainsi, il pouvait arracher les quelques frêles planches qui constituaient le mur Nord. Cette nouvelle issue leur permettrait de rejoindre une des extrémités du camp, et à l’aide de pinces volées ils couperaient la grille qui les retenait prisonniers et par la suite ils iraient tous droit dans les bois.

Alexandre s’enfonça par le trou et inspecta les alentours pour s’assurer qu’ils pourraient tous atteindre la grille avant de se faire repérer. Il fit ensuite signe aux autres de le rejoindre. Charles bien qu’il ne fut pas convaincu de la réussite du plan ou même de l’utilité de tenter une évasion, il se laissait maintenant gagner par la fébrilité. Il se voyait libre de toutes contraintes, n’étant pas obligé de travailler pour rien. Il en avait presque oublié son ancienne vie, et cela faisait seulement quelques mois.

-Ca ne marchera jamais votre truc de débile….

Kevin pessimiste en puissance se plaignait encore. Alexandre lui jeta un regard courroucé et plaqua un doigt sur ses lèvres. Ils devaient tous rester silencieux pour ne pas se faire remarquer. Ils avancèrent tous sous le couvert de la nuit s’arrêtant quelques fois lorsqu’un soldat avait le regard trop persistant. Chacun retenait son souffle alors que la troupe atteignait la limite grillagée du camp. Alexandre entama le découpage de la grille. Charles, pour la première fois depuis belle lurette avait un regain d’espoir. Il jeta un regard quasi amoureux à Alice qui le lui rendit. Amayelle souriait comme à son habitude, mais aujourd’hui elle le faisait vraiment sincèrement. Félix aidait Alexandre à découper la grille. Hubert, Claudine, Pierre et Josée se tenaient derrière les jeunes et échangeaient quelques regards remplis d’espoir. Personne ne remarqua que Kevin s’écartait lentement du group.




Lorsqu’une dizaine de projecteurs les éclairèrent, ceux-ci chassèrent la plénitude du moment en même temps que l’ombre. Revenant à la réalité, Charles réintégra sa prison de glace et son absence d’émotion. Ils étaient découverts, ils seraient probablement tous fusillés. Kevin marcha alors vers le détachement de soldats qui se tenaient derrière les projecteurs. Alexandre explosa de rage.

-Toi! espèce de traître! Je vais te faire la peau!

Il allait s’élancer à sa poursuite, mais Félix le reteint. Il lui fit un bref signe de la tête vers la grille pratiquement toute découpée. Au même moment, un homme haut gradé, à n’en juger par ses décorations, s’avança avec un porte-voix. Il s’adressa à la petite communauté, non dans sa langue, mais dans la leur.

-Vous voulez vivre? Je vous conseille de vous rendre immédiatement!

Lorsque Alexandre lui affirma que le petit groupe allait se rendre, tous le regardèrent. Puis alors que les ennemis baissèrent leurs armes pour prendre des menottes, Alexandre regarda les autres adultes et tapota l’épaule de Félix. Charles comprit alors avec grands désarrois ce que s’apprêtaient à faire les adultes. Il voulut s’objecter, mais Alexandre était déjà sur la grille tirant dessus pour libérer le passage et empêcher qu’il se referme.

Félix savait ce qu’impliquait une telle action. Il savait aussi que le dénouement serait sûrement triste. Alors lorsque Alexandre mit son plan à exécution, il ne perdit pas une seconde, il prit le bras d’Amayelle et attira l’adolescente surprise avec lui. La poussée d’adrénaline combattait sa peur de se faire tuer, et la peur de perdre dans les instants qui suivaient des proches. Ils passèrent de l’autre côté du grillage et s’enfoncèrent dans la forêt. Félix ne relâcha pas son étreinte malgré les cris d’Amayelle.

Charles croisa le regard d’Alexandre, regard résigné à la mort. Dans ce regard qui exprimait tant de choses, le jeune homme sut que désormais il devait prendre soin d’Alice coûte que coûte. Cette dernière paraissait fâchée contre son père, sans doute croyait-elle qu’il n’avait pas pris la bonne décision. Jamais elle ne franchirait la grille seule, alors Charles n’eut d’autre choix que de faire comme Félix. Il empoigna le bras de la jeune femme et couru l’entraînant avec lui. Sans doute elle lui en voudrait toute sa vie, mais Alexandre lui en serait reconnaissant pour les quelques secondes qui lui restaient. Comme les deux précédents, ils s’enfoncèrent dans le bois. Ils n’avaient pas le temps de penser, ils n’avaient pas le temps d’éprouver, ils se devaient d’honorer le sacrifice des adultes en restant vivant.
Alexandre fit signe aux parents d’Amayelle qui s’avancèrent vers la sortie, peut-être pouvait-il en sauver plus qu’il imaginait. Hubert et Claudine, le couple âgé, s’étaient résignés à mourir. Ils étaient dans les bras l’un de l’autre. Ils jugeaient qu’ils avaient déjà vécu leur vie, et que le futur appartenait aux plus jeunes. Ainsi, c’est dans la félicitée qu’il succombèrent aux déluges de projectiles meurtriers que crachait les armes de soldats ennemis.

Alexandre horrifié du spectacle poussa les parents d’Amayelle à passer plus vite par le trou. Mais à leur tour ils croulèrent sous les salves ennemis. Il sut que sa fin était arrivée, il fit donc une prière pour que Dieu veille sur sa fille qu’il aimait tant et le jeune homme qu’il avait hébergé. Il ferma les yeux et reçut en silence la décharge de projectiles.

Charles et Félix durent retenir Alice et Amayelle, qui se débattaient en hurlant. Elles n’acceptaient pas la mort de leurs parents, ce qui était tout a fait normale, mais en aucun cas elles ne devaient rebrousser chemin. Même si le spectacle était horriblement affligeant pour tous. Déroutés, ils restèrent ainsi un moment, mais lorsqu’ils virent arriver les soldats ennemis, ils coururent en sens inverse. Le déchaînement émotionnel viendrait plus tard.

C’est au sommet d’une colline qu’ils purent constater toute l’ampleur de la désolation. Ils pouvaient apercevoir la ville en contrebas. Elle était plongée dans le noir, sauf pour quelques feux par si par là. Sur l’autre rive de la rivière se trouvaient de petits points lumineux. Et d’une rive à l’autre s’échangeaient des coups de feu ponctués d’obus. On pouvait très bien entendre les crépitements et on pouvait très bien voir les balles traçantes. Charles fut frappé de stupeur, de voir ainsi sa ville natale, baignée dans son sang, ou plutôt dans ses cendres. Passé la stupeur, il continua d’avancer, traînant toujours Alice avec lui. Ils n’avaient pas le temps pour les émotions, ou le repos. Ils devaient trouver un endroit ou s’abriter.

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MessageSujet: Re: Malgré Tout: Le livre   Mer 25 Jan - 22:28:19

Chapitre 7
La cendre et le sang

Il devait être près de trois heures du matin, lorsque les survivants du camp atteignirent la ville. Selon toute vraisemblance les ennemis avaient abandonné la chasse. Désormais engourdis par le froid, ils avaient tous de la difficulté à marcher. Ils débouchèrent sur une petite rue, semblablement déserte au premier coup d’œil. Félix se dirigea vers la maison la plus proche, qui était toujours en un seul morceau. Il enleva son chandail, révélant un torse assez musclé. Il l’enroula ensuite autour de sa main et fracassa la petite fenêtre encastrée dans la porte. Le jeune adulte remit ensuite son chandail et passa sa main par l’ouverture qu’il déverrouilla. Ils entrèrent tous les uns à la suite des autres pressés de se mettre au chaud. Charles se dirige instinctivement vers la cave, là où leur présence passerait inaperçue.

Une fois tous au sous-sol, les deux jeunes hommes se mirent en quête de vêtement sec, de couvertures et d’autres choses qui pourraient s’avérer utiles. L’endroit était fort agréable comparé à leur ancienne « demeure ». Le sol était recouvert d’un tapis vert, les murs étaient recouverts d’une tapisserie à motifs bleus et blancs. Le tout était une seule grande salle, avec une seule petite fenêtre qui laissait filtrer quelques rayons lunaires. Le seul endroit qui était sur le béton était aux alentours du foyer. Charles étouffa un cri de joie lorsqu’il le vit ils pourraient être tout au chaud. Il transmit le message à Félix qui revint quelques minutes plus tard, avec le nécessaire pour l’allumer. Ce qu’ils firent sans tarder. Ayant désormais une source lumineuse et de chaleur, Charles couvrit la petite fenêtre pour masquer leur présence. L’adrénaline s’estompait de son système sanguin, le faisant redescendre sur terre.

Beaucoup de gens qu’il appréciait étaient morts. Bien qu’il eut tout fait pour refouler ses émotions, il ne pouvait masquer le vide cruel qui l’habitait par l’absentéisme d’Alexandre. Il avait été celui qui l’avait supporté, dès le début du conflit. Il se rapprocha d’Alice, pour qui le deuil devait être beaucoup plus dur à vivre. Elle le regarda et se mit à hurler et à rouer de coups son abdomen. Elle pleurait et criait en même temps. Ce spectacle douloureux toucha beaucoup Charles qui depuis longtemps maintenait ses émotions profondément enfouîtes dans les méandres de son âme, car celles-ci étaient les pires ennemis de l’homme dans les moments difficiles.

-Pourquoi?! Pourquoi… m’as… tu empêcher…Pourquoi… ne l’as-tu pas aidée?!?

Elle continuait de le rouer de coups, le jeune homme attendit qu’elle ne s’épuise et la serra tendrement. Se laissant lui aussi gagner par l’émotion, il versa quelques larmes et lui chuchota à l’oreille :
-quand même bien que j’aurais essayé quelque chose, je n’aurais rien pu, faire. Je serais mort avec lui, ce qui ne nous aurait avancés en rien…

Alice resserra l’étreinte et ne dit rien. Elle savait qu’il avait raison en tout point. Ce fut au tour d’Amayelle de craquer, ne supportant plus la douleur provoquée par la mort de ses parents et la tristesse qu’évoquait la scène entre les deux amoureux secrets. Elle fut prise de sanglots et se réfugia dans les bras de Félix, qui surpris, tomba à la renverse. Cet étrange tableau fit éclater de rire Alice. Tous la regardèrent étrangement, comment pouvait-elle rire en ce moment? Les regards inquisiteurs de ses compagnons accentuèrent son délire. Puis ce fut le tour d’Amayelle qui éclata d’un rire sonore. Désormais en boulle sur le planché, les deux filles se tordaient de rire. Déconcertés au plus haut point, Charles et Félix se regardèrent…Et pouffèrent de rire à leur tour.

Il est fréquent, comme à un enterrement par exemple, que les gens soit prient de ce genre de four rire. Cette action était thérapeutique, or au bout d’une dizaine de minutes, tous arrêtèrent et furent complètement épuisés. Pourtant, ils se sentaient bien, du moins pour le moment. Ils s’endormirent ainsi à la lueur du foyer, collé les uns sur les autres.

Félix était désormais l’aîné, suivi de Charles et d’Alice. Amayelle était la plus jeune. Le lendemain lorsqu’ils se réveillèrent, il faisait froid. Le foyer s’était éteint. L’aîné se leva et partit en quête d’une corde de bois, qu’il espérait être à l’intérieur de la maison. La neige avait camouflé leurs traces, ils avaient donc moins de chance de se faire repérer, il était donc intelligent de ne pas bousiller cette couverture. Le garage était annexé à la maison et un petit escalier le joignait au sous-sol. Il put trouver, avec bonheur, ce qu’il cherchait. Lorsque tous furent levés, l’atmosphère était digne d’un cimetière.

Un tremblement vint secouer leurs ardeurs. Charles anxieux pour le bien-être de ses amis monta à l’étage et par une fenêtre regarda les alentours, histoire de découvrir ce qui se passait. De sombres silhouettes perçaient les nuages. Ce ne fut pas long que le jeune homme sût ce qui se passait, un bombardement en haute altitude…Pour ponctuer son hypothèse, la maison d’en face explosa. L’onde de choc fit voler la vitre en éclat. Charles sentit une douleur atroce dans sa gorge et il s’affaissa sur le sol. Il porta la main à sa blessure et constata avec horreur qu’il était gravement blessé. Il voulut appeler à l’aide, mais il émit seulement un grognement rauque et cracha du sang. De sa blessure s’écoulait sa vie, se rependant sur le sol. Une bombe explosa non loin dans la rue ébranlant la maison. Félix arriva en haut des escaliers, ayant entendu l’explosion.

-Seigneur Dieu! Venez m’aider!

Le jeune adulte arracha un morceau de son chandail et le mit sur la plaie du mourant. Les deux filles arrivèrent ensuite et elles crièrent à l’unisson voyant le jeune homme sur le sol taché de sang.

Ce qui se passa par la suite, Charles n’en était pas sur. Sa vision tremblotante, son corps agité de spasmes. Il contemplait le visage d’Alice, sans doute pour la dernière fois. Il sentait la vie le quitter à chaque moment qui passait. Il était triste, triste de ne pas avoir dit ce qu’il avait dit, ou vécut ce qu’il voulait. Pourquoi ne lui avait-il pas dit, pas dit à Alice qu’il l’aimait plus que tout au monde? Il avait froid, il ne sentait plus ses extrémités, et une boule de feu s’éleva sur une rue plus loin. Même ravagée par la tristesse Alice restait, aux yeux de Charles, la fille la plus belle et merveilleuse. Alors qu’un pylône électrique tombait sur la maison et que le jeune homme ferma les yeux.

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Asarius LePourfendeur
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MessageSujet: Re: Malgré Tout: Le livre   Mer 25 Jan - 22:29:09

Chapitre 8
Le coma

-Réveil… toi…

Une voix douce et mélodieuse s’adresse à lui. Elle l’incite à revenir. Pourtant, son interlocuteur n’a pas envide revenir d’où il est. La vie lui paraît terne et inaboutie. Elle l’incite à revenir une fois de plus. Mais rien n’y fait, le principal concerner s’enfonce dans son indifférence.

-Réveil… toi…

Une voix différente, masculine celle-ci. Lui aussi l’invite à revenir. Son interlocuteur ne l’écoute même pas. La voix lui évoque son devoir. Pourtant, il ne croit pas avoir de devoir, il ne doit rien à personne….Il lui dit ne pas la laisser seule. Qu’à cela ne tienne, il se laisse une fois de plus gagner par la noirceur.

-Réveil… toi…

Une troisième voix, de nouveau féminine. Elle l’incite à se battre, à vaincre. À t-il seulement envie de vaincre? Lui-même n’en sait rien. Il réfléchit mécaniquement. Comment pouvait-il prendre une décision, car il se plaisait dans son indifférence. En l’absence d’émotion, il se sentait vide. Il réalisait que depuis si longtemps il avait refoulé ses émotions, pourtant il croyait toujours au bien-fondé d’une telle chose.

-Réveil… toi…

Un craquement sinistre accompagne des bruits de pas. Son cœur s’emballe, que se passe-t-il? Où est la voix tendre qui lui quémandait de revenir. Ou est-elle passée? Réveil… toi…Un cri perçant, une femme…Les émotions ne doivent pas être enfouîtes, elles ne sont pas ce qui détruit, mais ce qui fait vire. Comment avait-il pu être aussi insouciant! À présent il l’entendait, celle qu’il aimait, elle criait… elle était en danger. Réveil… toi…

Charles se réveilla en sueur, sur un matelas. Il tenta de se lever, mais ne put rien faire. Ses muscles étaient atrophiés. Il l’entendit se débattre dans une chambre voisine. Un homme parlait en langue étrangère. Il avait toute sa tête, mais pourtant le jeune homme ne pouvait pas bouger un seul muscle. L’étranger enchaîna quelques mots dans sa langue. Le souffle court, le cœur battant, Charles aperçut une machette sur le rebord de son lit de fortune. Il n’avait pas le temps de réfléchir au pourquoi du comment que cet objet s’était retrouvé à cet endroit. Avec l’énergie du désespoir, de l’amour, et de la haine, il réussit à se lever. Chancelant il empoigna l’arme blanche et se dirigea en boitant.

Dans la salle de bain un soldat retenait Alice prisonnière dans ses bras et tentait par tous les moyens possibles d’enlever les pantalons de la jeune femme. Celle-ci se débattant furieusement il n’arrivait pas à ses fins. Charles poussa un hurlement de rage, furieux que de telles gens existent dans l’univers. Dégoûté et furieux il brandi sa machette dans les aires. Voyant le jeune homme le soldat se précipita hors de la chambre de bain. L’idiot avait laissé son arme à feu à l’entrer de celle-ci, il n’avait donc que sa baïonnette en main.

Il tenta de reprendre son arme, mais Charles se jetait déjà sur lui pour l’en empêcher. Le soldat bloqua le coup et repoussa sans difficulté son opposant chancelant. Il ria un coup et projeta sa lame en avant. Son jeune opposant dévia son coup avec une fluidité non volontaire, sa lame glissa le long de la baïonnette et entailla légèrement le bras du soldat. Il hurla de rage et perdit son sourire amusé. Une fois de plus il asséna un coup à son opposant, qui bloqua avec difficulté, avec son coude, il frappa le visage du jeune.

Charles s’affaissa sur le sol et cracha du sang. Croyant son ennemi vaincu le soldat s’approcha et leva son arme au-dessus de sa tête, faute grave. Le jeune homme se retourna et d’écrivit un arc avec la machette, qui entailla le ventre de son ennemi. La coupure n’était cependant que peu profonde. Le soldat étranger recula en titubant et s’affaissa sur le sol à son tour. Son jeune opposant s’avança vers lui. Il avait été trop confiant, cela lui coûterait la vie. Le jeune escrimeur prit le temps de le regarder dans les yeux, alors qu’il tentait de se relever tant bien que mal. Assez corpulent, les cheveux gras, les yeux bruns et un uniforme kaki.

Le soldat tenta une manœuvre désespérée et projeta sa lame vers le cœur de son adversaire qui esquiva facilement. Ce dernier en profita pour donner un coup de pied sur la poigne de son adversaire, manœuvre qui faillit le faire tomber, mais qui désarma l’étranger. Désormais à sa merci, le soldat ennemi bredouilla quelques mots incompréhensibles. Charles, qui était dans une sorte de transe sadique, s’avança vers lui et lui cracha à la figure. Le bout de sa lame pointant sur le cœur du soldat. Le jeune homme pointa Alice, qui toujours dans la salle de bain, regardait la scène, incapable de rien faire, encore sous le choc de sa tentative de viole et du réveil de celui qu’elle aimait. Le soldat regarda dans la direction indiquée par son jeune opposant. Il vit la jeune femme, vêtements déchirés par endroits, le visage pâle. Puis il regarda son opposant qui lui adressa la parole.

-Espèce de pourriture, regarde ce que tu voulais faire! Des gens comme toi ça ne devrait même pas exister!

Bien qu’ils fussent tous deux de nationalités différentes et qu’ils s’exprimaient dans des langues différentes, chacun d’eux compris ce que l’autre pensait. Ainsi, l’étranger su qu’il allait mourir et Charles sut que le soldat regrettait son geste. Pourtant, tout s’accomplit comme le début l’avait suggéré. Il fut un temps ou le jeune homme aurait pu pardonner, mais ce temps était révolu, il convoitait plutôt la justice extrême. Le dicton qui disait « Oeil pour œil, dent pour dent » s’appliquait ici. Alice ne s’interposa pas non plus lorsque son confrère enfonça la lame de la machette dans la gorge de leur ennemi.

-Où sont les autres?

- Dans…

Elle commença à pleurer, ce qui dérouta Charles. Pourquoi était-elle en proie à un si grand chagrin? Il n’eut pas le loisir de pouvoir lui demander, car des voix étrangères résonnèrent dans la cage d’escalier. Les compatriotes du macchabée devaient se demander pourquoi il prenait si longtemps à conclure. Ils rirent en descendant les marches lentement. Le jeune homme quitta son désarroi de retrouver sa bien-aimée dans un si grand chagrin et épaula l’arme à feu du mort. Ses cours de tir lui seraient utiles. L’arme était en bois, et semblait être semi-automatique. Le jeune tireur recula dans la chambre de bain, Alice sur les talons. Il entrebâilla la porte et attendit. Les rires s’estompèrent quand les soldats arrivèrent au bas des marches. En son temps, il avait été, l’un des meilleurs tireurs, aujourd’hui sa vie et celle de la femme qu’il aimait en dépendaient. Charles enfonça la porte d’un coup de pied une fois Alice à l’abri relative qu’offrait le bain. Il s’agenouilla et commença à tirer. Tout semblait tourner au ralenti, son premier coup rata l’une des cibles, aux nombres de trois. Le deuxième toucha le plus gros dans la poitrine, il tomba à la renverse du sang coulant de sa blessure. Ses deux frères d’armes, relevèrent leurs carabines et ouvrirent le feu, au moment où le troisième projectile atteignait l’un d’eux sur le tibia. Le jeune homme sentit un projectile sifflé près de lui, un bout de plâtre se détacha du mur derrière lui sous le choc du projectile meurtrier. Le jeune tireur savait qu’il devait bouger, il resta accroupi et bouge latéralement sur la gauche, envoyant une nouvelle salve vers l’ennemi, qui n’en prit pas une. Charles jura à voix haute et se plaqua derrière une poutre et rechargea. Son adversaire en faisait autant, le premier à accomplir cet acte de précision serait le vainqueur. Ils finirent tous deux en même temps et le jeune tireur se détacha de la poutre pour tirer. Il reçut un projectile dans l’épaule et cria. Toujours instable sur ses muscles engourdis, il perdit pied et tomba à la renverse. Il crut sa fin arrivée, pourtant tel ne fut pas le cas, car son projectile avait atteint sa cible la tuant sur le coup.

Pour une seconde fois Alice vu son bien-aimé étendu sur le sol. Pourtant cette fois il avait été plus chanceux, il avait seulement été effleuré par le projectile, si bien qu’il s’était vite relevé. Charles déchira un bout de ses vêtements et le mit sur sa blessure. À ce moment on entendit de nouveau des bruits de pas à l’étage supérieur, plus précipité. Le jeune homme regarda son arme désormais pratiquement vide, il ne pourrait pas faire grand-chose de plus. Tel ne fut pas sa surprise de voir, Félix et Amayelle dévalent les marches quatre à quatre.

- Alice es-tu….Charles!

Amayelle lui sauta au coup faisant basculer l’équilibre précaire dans lequel se trouvait le blessé. Félix resta bouche bée, puis remarqua la blessure de son compagnon. Il alla immédiatement se porter à son secours. L’exubérante Amayelle le relâchant s’apercevant de la blessure de son ami.

-Tu as de la chance, la blessure n’est que superficielle.

Le blessé lui fit un sourire amical avant de relever. Il afficha une mine surprise. Depuis quand Félix avait-il une aussi grosse barbe? Amayelle enchaîna avant lui.

- On croyait qu’on t’avait perdu pour de bon.

-Depuis… quand?

Les trois autres se regardèrent quelques instants, hésitants. Sous le regard instant de ce dernier, ils finirent par le lui avouer. Ce fut Alice qui se dévoua, d’une voix douce et triste à la fois.

-Ça va faire presque deux mois….

Charles resta incrédule. Cela faisait-il vraiment si longtemps? Ça expliquerait bien pourquoi ses muscles étaient atrophiés. Plusieurs questions l’assaillaient. L’une plus que les autres.

- J’aurais dû y rester la dernière fois….

-Félix t’a sauvé la vie…Répondit Amayelle.

- Mais comment est-ce possible?!?

-Son père était médecin, et il étudiait pour être urgentologue…Enchaîna Alice.

-Pour faire court, tu avais reçu un éclat de verre qui t’avait coupé la gorge. Une des grosses artères a été en partis sectionnée, j’ai réussi à la refermer, tu as été très chanceux. Cependant, tu as perdu tellement de sang que tu étais tombé dans le coma. Voilà toute l’histoire…Expliqua Félix.

-Comment avez-vous fait pour, disons…Il n’y a pas d’intraveineuse ici…

- C’est moi qui t’ai nourri, comme un petit bébé! S’écria Alice tout en riant aux éclats

Heureux de voir que l’atmosphère se détendait Charles en profitant pour pousser plus loin le dialogue.

-Où étiez-vous tout à l’heure?

Le visage des deux absents se crispa tout à coup.

-Nous étions à notre maison numéro deux…Que s’est-il passé au juste?

Ce fut Alice qui répondit à la question d’Amayelle. D’une voix toujours aussi douce.

- C’est une patrouille qui avait envie de venir se réchauffer…

Charles remarqua qu’elle avait omis une partie plutôt sombre de l’histoire. Et les deux autres pouvaient finir l’histoire du réveil du jeune homme dans leur tête. Loin d’en avoir fini avec les questions il enchaîna.
-Et qu’elle est cette deuxième maison?

Félix lui répondit.

-Nous savions qu’un jour viendrait ou comme en ce moment nous serions confrontés à eux. Il désigna les cadavres. Ce faisant nous serions découverts. Alors, nous avons bâti un abri dans la forêt. Aujourd’hui nous étions allés le déneiger, pour qu’il soit prêt à nous accueillir. D’après ce que je peux en juger, le moment est venu…

-Je vous ai laissé tomber ce jour-là, je suis devenu pour vous un poids. Je m’en excuse. Je croyais que la vie ne valait pas la peine d’être vécu dans de pareilles circonstances. Je sais désormais que peu importe le temps qu’il nous reste, ce qui est important c’est de vivre le temps qui nous est appartint. De vivre au jour le jour, de profiter de chaque chose qui s’offre à nous. De vivre, comme si c’était notre dernier jour. J’ai maintenant une raison de vivre, une raison de me lever chaque matin. Je l’ai depuis très longtemps, mais je m’y étais refusé, croyant qu’il serait inutile de vivre en ce monde. Maintenant que j’ai pactisé avec la mort, encore une fois, je me refuse à laisser passer cette chance qui m’est offerte. Qu’importe la situation dans laquelle nous nous trouvons, qu’importe le jugement d’autrui…Il se retourna vers Alice. Je t’aime, je t’aime de tout mon cœur…

Elle lui sauta au coup et l’étreignit le plus fort qu’elle pu. Tout en versant quelques larmes sur celui qu’elle aimait.

-Je croyais ne jamais te l’entendre dire, grand fou… ça, t’en as pris du temps!

En ce moment émouvant pour tous, où le bonheur cumulait sur la tristesse. Chacun des occupants du refuge était heureux et était déterminé à vivre, malgré toutes les embûches que sèmerait la vie sur leur chemin.

Après qu’ils eurent réuni tout ce qui leur était nécessaire, ils partirent dans leur seconde demeure. Ils savaient que tous seraient difficiles, en ce mois de février. Ils devraient vivres de la chasse, de la pêche, quelques fois ils devraient se rendre en ville histoire de voler ce qu’il leur manquerait. Pourtant tous étaient motivés, peut-être était-ce le sentiment de liberté, mais une chose était sure, ils étaient heureux ensemble, malgré tout.

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MessageSujet: Re: Malgré Tout: Le livre   Mer 25 Jan - 22:30:01

Épilogue
L’an zéro

Quatre mois plus tard, la petite communauté, pour la première fois depuis leur départ, se rendait en ville. Cela faisait un bout de temps qu’ils n’avaient pas entendu les échos des batailles. Plus de crépitement saccadé, plus d’explosion. Quelqu’un avait été vainqueur et la ligne de front n’était plus à l’endroit où elle était. Ou encore mieux, ou pire, un pays avait abdiqué. Quoiqu’il en soit, ils devaient aller jeter un coup d’œil.

Ils débouchèrent sur leur ancienne « demeure » dont un mur était finalement tombé. La rue était déserte, pourtant anciennement à cette heure de la journée quelques véhicules circulaient. Un silence inquiétant régnait. Si un des pays avait gagné la guerre, il n’en paraissait pas grand-chose.

Ils firent un bout de chemin avant de rencontrer une jeep renversée. Les deux occupants gisaient morts sur le sol, apparemment depuis longtemps. Ils contournèrent le véhicule et continuèrent leur chemin. Il y avait anciennement un parc près de la mer, un terrain s’étendant sur un kilomètre carré facilement. Là plusieurs tentes et constructions s’y trouvaient. Elles étaient cependant en état de délabrassions totales.

Se fut le spectacle qui les attendait, qui leur fit, réellement peur. Des centaines, pour ne pas dire près d’un millier de cadavres jonchaient le sol. L’odeur, la vision que s’était-il donc passé? Horrifiés, ils rebroussèrent chemin au pas de cours. Il était effectivement plus sensé d’agir ainsi, car le risque du développement d’une maladie dans de telles circonstances était assez troublant. Ils ne surent pas vraiment jamais ce qui était arrivé. Mais avec détermination, ils continuèrent à vivre leur vie, hors de la ville hors de ce qui restait du monde.

L’homme dans son infinie sagesse avait utilisé une arme bactériologique. Malgré toutes les précautions, le virus s’est répandu comme la peste. Tuante, ravageant tout sur son passage la maladie se propagea hors de tout contrôle. Malgré toutes les précautions internationales, malgré les mesures drastiques d’irradiation de la maladie. Rien n’y fit, ni le feu ni le froid. La chimère qu’était devenu le virus annihila quatre-vingt-dix-neuf pour cent de la population mondiale. Les survivants éparpillés sur les continents. C’était le début d’une nouvelle ère….

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